Quelle est la probabilité pour un bateau de 55m² de percuter un déchet flottant sur un océan de 357 047 194 Km² ?
Je n’ai jamais aimé les probabilités, mais elle ne doit pas être bien élevée.
Et pourtant, seulement 14 jours après le départ du Vendée Globe, ce sont déjà trois bateaux qui sont entrés en collision avec des déchets suffisamment importants pour causer de graves dégâts :
- Le 11 novembre : Marc Guillemot est contraint à l’abandon suite à la perte de sa quille,
- Le 19 novembre : Jérémie Beyou est contraint à l’abandon suite à une rupture sur une pièce majeure de sa quille,
- Hier : Vincent Riou a été percuté par une bouée métallique dérivante ; Il cherche actuellement des solutions pour réparer les dégâts et poursuivre son tour du monde.
Est-ce un simple coup de malchance ou la mer est-elle vraiment une poubelle ?
De notre point de vue ici, la mer est sans conteste une poubelle. Chaque année, une barge vient à Quéménès récupérer les déchets que nous ramassons à la grève. Ce sont entre 10 et 15 mètres cubes de déchets que nous ramassons sur notre confetti d’à peine 1,3Km de long.

Nos bigs bags de macro-déchets prêts à être embarqués sur la barge.
Rapporté à l’échelle de l’océan, vous imaginez la quantité de déchets que cela représente ? Et encore, ce n’est que ce que nous ramassons, il y a plein de choses qui repartent avec le courant avant même que nous ayons eu le temps de les ramasser.
Hier, partants pour notre promenade pédestre avec Chloé, notre regard a été attiré par un point blanc sur la grève au Sud Est. Bingo ! Un frigo…

Imaginez les dégâts que peuvent causer ce genre de déchets sur un bateau naviguant à une quinzaine de nœuds… Et là je ne pense pas forcément aux coureurs du Vendée Globe, mais à notre petite famille. Notre bateau, Chrommig, est une coque en alu de 7m à fond plat. Le seul appendice qui dépasse de la coque est l’arbre du moteur avec l’hélice à son extrémité. Lorsque nous allons faire les courses ou chercher le courrier, nous croisons à une quinzaine de nœuds dans le chenal du four. Que se passerait-il si nous rencontrions un frigo comme celui-ci ? Je ne donne pas cher de notre Chrommig dans cette bataille, ni de notre sécurité.
Ce n’est pas le seul risque de la présence de ces déchets : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/les-plastiques-des-dechets-nefastes-pour-les-ecosystemes_1698047_3244.html
Il y a encore plein de choses à dire sur ce sujet, et il aurait notamment été bon de s’intéresser à l’origine de ces déchets, mais Chloé vient de se lever, et nous avons peinture et découpages ce matin. Mais on peut en discuter dans les commentaires si vous voulez ?
A plus tard,
Soizic.