Aujourd'hui nous avons continué à ramasser les dernières pommes de terre. Il reste une vingtaine de rangs à faire, et nous profitons du temps sec de cette semaine pour finir la récolte.
Nous ramassons 5 à 6 rangs par jour, mais les corps commencent à fatiguer, et avec la végétation qui reprend là où les plants de patates sont fanés, celà devient de plus en plus difficile. Malgrè le passage de l'arracheuse, il faut fouiller la terre pour trouver les tubercules qui ne sont pas sortis. Vivement que l'on trouve une arracheuse-ramasseuse, on pourra tout sortir plus rapidement de terre et surtout, nous serons moins fatigués physiquement !
Ce soir, après le dîner, je suis sortie avec mon verre de rouge (il faut toujours sortir bien accompagnée) profiter du ciel étoilé et du magnifique clair de lune. Je pensais à toutes ces petites patates en train de dormir dans l'écurie en attendant que quelqu'un les fasse cuire doucement et les déguste tendrement... C'est qu'elles sont nombreuses cette année ; on en a plantés beaucoup plus que les autres années et en plus, la récolte est abondante. Il y en a déjà quelques tonnes qui dorment à côté, sans compter sur celles qui restent à sortir... Et j'ai soudain eu peur que l'on ne réussisse pas à leur trouver un gourmet à chacune, et qu'elles finissent par se désécher et à germer ici avant que quelqu'un ait pu profiter du plaisir de leur dégustation. Alors j'ai regardé les étoiles, et je leur ai demandé de l'aide ; ben oui, le rouge vous fait dire tout haut ce que votre petit coeur n'ose pas avouer.
Et là, non pas une, non pas deux, mais trois étoiles filantes se sont succédées sous mes yeux ; c'est la première fois depuis le mois de mai que je revoyais des étoiles filantes. Alors je me suis dit : "ben ça alors, il faudra que je le raconte sur le blogue". Et en continuant mes réflexions (et mes lampées de rouge), je me suis dit que finalement, c'est vous qui étiez les meilleurs ambassadeurs de nos petites patates. Vous suivez chaque semaine notre travail , nos aventures, nos découvertes, et la manière dont nous cultivons nos pommes de terre ; alors voilà, je voudrais vous demander de parler de nos petites patates à votre entourage : à vos amis, votre famille, vos collègues et votre épicier préféré. Dites-leur ce qu'elles vous inspirent, leur histoire et leurs qualités pour ceux qui les ont déjà goûtées... Dites-leur qu'elles ont ce goût de liberté, ce plaisir d'avoir poussé dans un endroit sain, sous le regard attentionné de leurs fermiers, aspergées d'embruns, parfumées par le grand large, emplies d'iode et du chant des oiseaux. Racontez-leur tout ça. Comme Josyane qui vient de passer trois jours à la chambre d'hôtes et qui nous écrivait hier : "Les premières patates sont cuites pour une purée, et surprise : l'eau de cuisson sent les algues ..."
Grosses bises à tous, et n'oubliez pas de profiter vous aussi de ce superbe ciel étoilé,
Soizic.